04.06.2009
SEDUCTION, CORRUPTION ET VIOLENCE...
Le protestantisme affecta davantage les régions occitanes que le nord de la France. Il y résista avec vaillance et s’y maintint jusqu’à nos jours. Dans les Cévennes, il impliqua jusqu’à 90% de la population (50% de nos jours). Les grandes villes comme Montauban, Montpellier et Nîmes étaient à majorité protestantes.
Louis XIV conscient que cette fracture religieuse se doublait d’une fracture politique (un monarque de droit divin, ne pouvait régner sur deux entités religieuses différentes), entreprit de réduire l’hérésie successivement par la persuasion, l’argent et la répression.
La persuasion :
Les sermons sous-entendant la supériorité du culte catholique sur le protestant firent long feu. Les théologiens protestants aguerris puisaient leurs convictions directement dans la bible, ce qui avait le don d’irriter les théologiens catholiques.
L’achat des consciences :
Une caisse de dépot permettait d’acheter les conversions. Elle n’eut que peu d’effets, quelques notables craignant pour leurs privilèges se laissèrent subvertir, les autres préférant émigrer.
La répression :
Destruction des temples, conversions forcées, emprisonnement, déportations, condamnation aux galères, occupations domiciliaires, viols, meurtres par la soldatesque, provoquèrent quelques conversations feintes ou réelles.
La réponse en fut l’exil massif des protestants qui emporta le savoir-faire de milliers artisans de talent vers la Suisse, la Hollande, l’Allemagne, l’Angleterre, le nouveau-monde, appauvrissant le royaume de France et retardant selon certains historiens, d’un demi siècle le démarrage économique de la France sur ses voisins allemands et anglais… Enrichissant à fortiori ces derniers.
Le déclin relatif de la France en Europe en découlera, amorçant l’échec final des guerres Napoléoniennes, la suprématie de l’Angleterre sur le monde, et sans doute les défaites cuisantes contre l’Allemagne…
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01.05.2009
CAMISARDS ET PROPHETES
A bien y regarder, il a existé deux réactions face à la répression qui s’abattit sur les protestants après la Révocation de l’Edit de Nantes : La première, celle des bourgeois et des citadins des grandes villes d’Occitanie (Nîmes, Montpellier…) qui faute de pouvoir lutter efficacement, préfèrèrent l’exil. Et la seconde, la révolte armée du peuple cévenol, (connue sous le nom de « Camisards ») qui fut l’un des épisodes les plus sanglants et dramatiques de l’histoire de France.
PROTESTANTISME DES VILLES
Le protestantisme comme le catharisme, toucha essentiellement le Sud de la France, terres de révoltes contre le pouvoir central, et dans celui-ci, la classe moyenne montante : artisans, commerçants, tandis que la noblesse restait majoritairement dans le giron de l’église.
La nouvelle religion était davantage centrée sur l’action que l’adoration. Il ne s agissait plus de prier ou de répondre aux attentes du clergé, de réaliser les oeuvres de Dieu, en prévision de l'au-dela, mais d'agir "hic et nuc" ici et maintenant sur terre, de mettre en conformité sa vie de tous les jours avec la nouvelle religion. Comportement visible dans la morale du travail. Etre honnête, travailleur, consciencieux, faire fructifier son bien ou son capital, voila les nouveaux principes qui séduisirent et firent la fortune des protestants.
Après la Révocation de l’Edit de Nantes, et la répression organisée par le pouvoir royal, la bourgeoisie protestante du sud de la France peu encline, à se laisser dépouiller ou à prendre les armes, préféra émigrer massivement en Suisse (le Refuge) en Hollande ou en Allemagne. On sait que les protestants français sont à l’origine de la prospérité de Berlin et que leurs descendants comptent nombre de personnalités outre-Rhin ; Oskar La Fontaine, homme politique de premier plan, ou Klaus Croissant, avocat de la Bande à Baader... Ou dans un registre plus sinistre ; Klaus Barbie, le tortionnaire nazi, dont on peut se demander si la férocité a quelque chose à voir avec ses ancêtres protestants persécutés et chassés de France...
L’émigration massive des artisans protestants, population qualifiée et laborieuse, provoqua d'ailleurs le déclin des soieries lyonnaises, une catastrophe économique pour le royaume, et fut par contre coup un facteur de prospérité pour le pays accueillants ; Angleterre, Hollande, Nouveau-Monde. Ce dont témoigne l'immense fortune des Rockefeller, protestants français du nom de Roquefeuil. Si la France acquis un quart de sièce de retard au départ de l'ère industrielle et post-moderne en europe, la cause en est peut-être là...
PROTESTANTISME CEVENOL
Dans les Cévennes, le petit peuple (ouvriers, artisans, commerçants, paysans...) embrassa massivement la religion protestante dans une proportion atteignant 90% de la population. C'était un protestantisme populaire, même si à bien des égards un protestantisme de gens pour le moinns éclairés, favorisé par la capacité des nouveaux convertis à lire la Bible (en français, s’il vous plait). Ce qui indique que le niveau d’instruction était plus élevé qu’on voudrait le croire.
La révolte dans les Cévennes fut d’une rare violence et détermination. Elle engendra dans son sillage un phénomène inattendu, le « prophétisme », comparable aux phénomènes de Révélation et de Messianisme, qui accompagnèrent les premiers pas du christianisme. . Dans le petit peuple persécuté se levèrent en masse un nombre considérable de prédicants qui prophétisèrent à tout va avec une audace et des capacités surprenantes, qui ne pouvaient relever à l’époque que du miracle pour les uns (les protestants) ou de la folie pour les autres (les catholiques).
PROPHETISME
La suite demain si vous le voulez bien….
19:53 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : camisards, protestants, revolte, prophetes, occitanie, huguenot, protestantisme, cevennes
28.04.2009
MIEUX VAUT CATHARE QUE JAMAIS
CIVILISATION BRILLANTE :
Bien plus qu'une religion, fort différente du christianisme, le catharisme fut un conflit de civilisation majeur entre deux deux peuples que tout opposait ; "français" et occitans.
Au nord, des petits seigneurs brutaux et incultes terrés dans leurs fiefs, sous la vague autorité du roi de France. Au sud, l'héritage d'une brillante civilisation gréco-romaine, aux influences culturelles multiples (italie, espagne) avide d'ouverture et de tolérance. La poésie, la littérature y fleurissent et la langue d'oc portée par les troubadours rayonne dans toutes les cours d'europe, du Portugal à la Hongrie.
PURETE MORALE :
Le catharisme apparu en Bulgarie se répand en occitanie au XIIIe siècle et séduisitt tant dans les chaumières que dans les châteaux.
Toute une petite noblesse modeste ou appauvrie par le morcellement des fiefs, (le droit d'aînesse étant inconnu en occitanie), et la bourgeoisie urbaine des petits commerçants et artisans, accueillirent le catharisme à bras ouverts synonyme de révolution des moeurs, d'égalité sociale et de liberté d'entreprise. D'autant que le clergé, leurs concurrents direct affichait un luxe effarant et ostentatoire à l'image de Rome.
Les raisons qui présidèrent au succès du catharisme dans le sud de la France, sont peu ou prou les mêmes que celles qui présidèrent au succès de protestantisme.
SE LIBERER DE ROME :
Les grands seigneurs du sud bien que majoritairement fidèles à la religion catholique y virent néanmoins un bon moyen de s'affranchir de l'influence grandissante de Rome et du clergé local. Un peu comme le fera Henry VII, roi d'angleterre en créant la religion anglicane au XVIe siècle.
EGALITE ET DIVORCE :
Tout ça n'était pas dénué d'interêt pratiques, en permettant le divorce, et en accordant aux femmes un statut privilégié et de nouvelles libertés, laissant envisager une quasi égalité sociale entre les deux sexes, le catharisme séduisit autant les hommes que les femmes.
TRAVAIL ET ENTREPRISE :
Le travail était permis (pour les nobles et les femmes) et le travail manuel valorisé, facteurs d'émancipation économique et sociale. Le prêt à intérêt permettant l'éclosion du commerce n'étant pas banni par la nouvelle religion.
On a pu deviner dans le catharisme, comme pus tard dans le protestantisme, les prémices d'une libération économique et sociale, signe avant coureur de la la liberté d'entreprise et du capitalisme libéral, qui furent à l'origine de la grande révolution de 1789.
Donc six siècles d'avance !
L'accroissement des villes, le dynamisme de la bourgeoisie occitane, furent donc un ferment de la révolution cathare. tandis que le nord se morfondait dans la féodalité moyenâgeuse et le carcan clérical.
REINCARNATION :
La réincarnation à laquelle croyaient les cathares, changeait aussi bien les hommes en femmes, que les riches en pauvres. Elle permettait en redistribuant les cartes de réincarner tout un chacun en être vil ou achevé et mettait à mal la notion de castes supérieures et inférieures, consubstantielles à la filiation par le sang. "Exit" la dualité noblesse-roturiers. Sans parler du pape representant de Dieu...
NON VIOLENCE :
Inconvénient ou avantage, c'est selon, le catharisme était profondément pacifiste et antimilitariste, même si les persécutés durent parfois prendre les armes pour se défendre et bien que ce furent surtout les seigneurs occitans chrétiens, attachés à leur cause, qui le firent comme le Comte de Toulouse.
BIBLE ET THEOLOGIE :
Ainsi les valeurs du travail, du commerce et de l'échange se substituaient aux valeurs guerrières et pyramidales de la vassalité.
Aux droits liés à la naissance, les cathares opposaient la valeur de l'individu.
La fin d'un monde ! La remise en cause de tout un système que les féodaux et l'église ne pouvaient supporter...
Hérésie d'autant plus prometteuse et dangereuse que les cathares puisaient leurs convictions dans les Évangiles. Rien n'est plus dangereux pour le christianisme que l'ennemi qui théorise avec ses propres sources bibliques*, et qui le fait avec talent et génie.
Cet ennemi devait être détruit... Jusqu'au dernier... C'est ce qu'il advint.
AVANCE PREMONITOIRE:
Il est cependant intéressant de constater que ce que les cathares avaient mis en avant sur les plan économique (libre entreprise, valeur du travail, prêt à taux, libre entreprise...), moral (condamnation des guerres et de la violence...) social (divorce, égalité des sexe et des individus, union libre avec consentement mutuel et le divorce, quelques 700 ans quand même avant que la loi ne l'autorise en France...
Quelle extraordinaire leçon d'ouverture, de tolérance et de prescience que l'Occitanie offrit au monde avant de se sombrer dans un massacre obscurantiste et de renaître quelques siècles plus tard...
Peut-être faut-il voir là, l'accomplissement de la prophétie des derniers cathares : "Dans 700 ans, le laurier refleurira..."
* Le christ semble avoir préconisé le prêt à intérêt /usure. (Luc VI 34).
* A l'appui du mariage, il n'existe aucun trace dans les évangiles, ce qui embarrassa fort les autorités ecclésiastiques de l'époque dans leur controverse avec les cathares...
09:48 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.04.2009
LA GUERRE DES DEMOISELLES
Étrange histoire que cette "guerre des demoiselles", qui toucha l'Ariège de 1829 à 1872. Totalement absente des livres d'histoires.
Et pour cause, elle ridiculisa le pouvoir parisien, incapable de faire face pendant quarante a une révolte spontanée, audacieuse et carnavalesque. Les insurgés ayant la particularité de se déguiser en femme, ou vêtus d'accoutrements grotesques et d'intervenir en vociférant et placardant des discours incantatoires à la manière de ce qui se pratiquait et se pratique encore dans les carnavals de l'Ariège et de la haute vallée de l'Aude où il est de coutume pour les hommes de se déguiser en femme et de ridiculiser et rosser les édiles et les puissants.
Ainsi des paysans ariègeois arriérés se soulèvent-ils contre les autorités préfectorales qui leur interdisent l'usage ancestral de la forêt; droit de cueillette, glanage, bois mort, pacage, chasse, pêche, braconnage... sur ordre de Paris qui entendait réserver aux seuls industriels et bourgeois locaux le droit d'exploitater la forêt à des fins commerciales.
A cette époque en effet, l'industrialisation naissante et le chemin de fer récent réclamaient davantage de charbon de bois, produit par les charbonniers dans les forêts, alors que les mines de charbons ne pouvaient encore subvenir à la demande faute de capacité de transport.
L'état décida donc, sans état d'âme et sans imaginer les conséquences (les paysans ariègeois étant réputés de pauvres bougres, frustres et ignorants) de supprimer les droits ancestraux non écrits qui leur permettaient depuis la nuit des temps de subvenir aux besoins des familles en constante augmentation démographique.
L'état dépêcha sur place toute une série de petits fonctionnaires et représentant de l'ordre; gardes forestiers, gendarmes et juges pour réprimer les moindres infractions. Le simple fait de ramasser des glands pour ses cochons, du bois mort ou des champignons exposait le contrevenant à une forte amende et en cas d'insolvabilité à la prison.
C'était sans compter sur la ténacité et la solidarité des paysans et montagnards ariègeois rudes, finaux et totalement dénué de respect pour les fonctionnaires parisiens, qu'ils appelaient avec indifférence ou raillerie les "étrangers" ou "les français".
On vit donc ça et là, une véritables guérilla s'installer dans les vallée, rossant et chassant les charbonniers, les gardes forestiers, les gendarmes, puis les soldats (jusqu'à 2000) envoyés par le pouvoir central, qui mit quarante ans avant de comprendre qu'il devait composer et rétablir les droits traditionnels.
En réparation de ces atteinte à l'ordre public et devant l'incapacité de saisir les coupables, l'état astreint les communes à de fortes amendes, qu'elles ne purent payer. On envoya la troupe comme au temps des dragonnades, vivre au frais de l'habitant, sans grand résultat puisqu'l'occupé se revéla fort pauvre, roué et dissimulateur.
Les procès spectacles ne donnèrent pas davantage de résultats, la population étant solidaire et la police ne pu trouver aucun indicateur ni accusateur parmi la population locale, qui ne se priva pas en retour de renseigner, dissimuler alimenter les révoltés, enfants du pays. Le révolutionnaire était parmi le petit peuple des vallées comme un poisson dans l'eau. .
Le pouvoir central se trouva impuissant, démuni et ridiculisé, "par cette "guerre des demoiselles" d'autant qu'elle fut quasiment pacifiste, ne fussent les centaines de charbonniers, gardes et gendarmes rossés et deux morts accidentels en 40 ans de lutte... Et il n'est pas étonnant que cet épisode, tant il parait surréaliste, tombe dans les oubliettes de l'histoire et reste ignoré par les occitans eux-même.
C'est pourtant un cas unique, une des luttes les plus hilarantes et efficaces que mena l'occitanie contre le pouvoir central parisien.
C'était "Grand Guignol", Carnaval et "Robin des Bois" entre Massat et Saint-Girons, au pays de l'ours.
L'objectif du nord ayant souvent été de ridiculiser et de tourner en pantalonades les luttes du sud, il est significatif que cet épisode où le nord fut ridiculisé ait été fortuitement effacé des livres dl'histoire. L'histoire appartenant aux vainqueurs, comme chacun sait.
00:36 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
25.04.2009
PETIT PRECIS D'INQUISITION
Montsegur dans les pyrénées ariègeoise, le "mont sûr" où s'étaient réfugiés les derniers cathares en armes, nid d'aigle perché sur un piton rocher, réputé imprenable, tomba aux mains des armées du nord envoyées par Louis IX, dit "Saint Louis" le 16 mars 1244....
Les inquisiteurs, ces commissaires politique, ou plutôt religieux, suivaient les soudards pour finir la sale besogne et réduire intellectuellement par le feu, l'hérésie.
Le soir même de la prise de la forteresse, les prisonniers cathares allèrent en chantant se jeter dans le bûcher des inquisiteurs.
Pourtant le dernier château cathare, Quéribus, ne tomba qu'en 1255.
En 1271 le Languedoc fut rattaché à la couronne de France et devint une "province" ce qui étymologiquement signifie "pays vaincu".
Le roi de France, cependant était loin et s'en remit à l'église pour réduire, "briser" par la torture et le feu les irréductibles.
L'inquisition fit son oeuvre. Les dominicains, ces "chiens du seigneur" (domini canes), tels qu'ils s'appelaient eux-mêmes s'attelèrent à la sale besogne.
L' Inquisition qui fit ses premières armes en Languedoc ne tarda pas à sévir dans toute l'Europe. Ces "commissaires politiques" étaient au service du pouvoir, de la noblesse, des nantis et de l'église, comme les commissaires politiques des dictatures fascistes ou communistes le sont au service de leur idéologie.
L'inquisition pratiqua la torture, pratique inconnue précédemment par la justice ecclésiastique.
Cruauté supplémentaire, les tortionnaires se dépêchaient de cautériser les plaies par le feu, car selon le droit canon, un religieux ne devait pas faire couler le sang. Tuer oui, saigner non.
Autre avantage, non négligeable, et qui aidait à la besogne, les biens du condamné allaient directement dans le poche de l'église.
Exemple sordide, à Toulouse, les inquisiteurs vont quérir une vieille dame qui fait part de sa foi cathare sur son lit de mort, et la brûlent avec son lit sur un bûcher dressé à la hâte.
Un demi siècle après la chute de Montsegur, deux dames, qui ne souhaitent pas manger de la viande dans une auberge furent brûlées vives comme hérétiques, car on se souvint que les cathares étaient végétariens...
Quelques cathares posthumes, démasqués après leur mort, furent même déterrés et brûles en place publique...
Devant de telles monstruosités, de nombreux catholique et même le bas clergé prend en horreur les Inquisiteurs et n'hésite pas à les bastonner ou les occire à la première occasion. Des expéditions punitives sont montés et sept inquisiteurs sont massacrés à Avignonnet.
(Source bibliographique :"700 ans de révolte occitanes" de Gérard Sède.)
16:08 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.04.2009
LA LANGUE D'OC
La « langue d’oc » ou « occitan » est directement dérivée des parlers latins de la Narbonnaise, province fortement romanisée du sud de la France, par opposition au nord de la Gaule, tardivement romanisé et davantage influencé par les envahisseurs germains, avec une forte persistance des parlers gaulois.
L’aire de diffusion de l’occitan est clairement définie ; d'est en ouest, de la frontière italienne jusqu’à Bordeaux et du nord au sud, de l’Auvergne à la frontière espagnole.
Il faut exclure de cette zone le pays basque et le pays catalan français. On doit par contre y inclure le Val d’Aoste italien, composé de plusieurs vallées, et dans les pyrénées espagnoles, le Val d’Aran.
Les parlers occitans se touchent et diffèrent progressivement, mais l’intercompréhension est continue.
Au Nord de cette aire, une zone qu’on appelle le « croissant » située à l’intersection des deux parlers, langue d’oc et langue d'oïl, a subi de fortes influences réciproques.
La Gascogne (de bascos, basque) bien que située dans l'aire occitane porte les traces d’un lointain passé basque et plus récemment du castillan dont l’influence a légèrement débordé la frontière.
Le nombres de personnes qui parlent l'occitan est en constante régression et bien que les études soient floues, le nombre de ceux qui le comprennent ne semble pas dépasser 6 à 7 millions d'habitants, soit moins de la moitié de la population couvrant l'aire occitane.
Les écoles occitanes "calandreta" s'efforcent d'inverser la tendance.
Mais les fortes migrations de population en quête de soleil et de douceur de vivre, du nord vers le sud ne vont pas améliorer la situation...
18:32 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
OCCITANIE ET FEMINISME
S'il est une terre qui a promu la cause féminine et les valeurs de respect et de tendresse liées au sentiment amoureux, six siècles avant leur redécouverte au XVIII siècle, c'est bien l'Occitanie.
Les romains et à leur suite les brutes barbares qui envahirent l'Europe, n'étaient pas des tendres, et l'amour sincère qui pouvait naître entre un homme à une femme était perçu comme une faiblesse. L'homme devant se montrer dur et insensible. La fragilité et les larmes étant réservées à la gente féminine dépourvue de courage.
L'AMOUR COURTOIS
L'amour romantique, cette forme d'amour que nous connaissons aujourd'hui et que nous pratiquons dans nos jeux amoureux, a été inventé au XII e siècle et en Occitanie. Aliénor d'Aquitaine favorisa sa diffusion.
Trouvères et troubadour chantaient dans les cours d'Aquitaine, dans toutes les cours d'Europe accessible à la culture occitane, des chansons de geste en langue d'oc relatant l'amour (courtois ou fol amour) d'un chevalier pour sa dame. Un amour fait de respect, de tendresse et de fidélité pour la femme aimée.
CATHARES :
Les cathares pratiquaient entre "parfaits et parfaites" une égalité presque parfaite, inattendue à cette époque. La simplicité avec laquelle ils concevaient la vie, le refus du luxe, des apparats et des pouvoirs hiérarchiques, généralement dévolus aux hommes, furent un premier pas vers l'émancipation des femmes.
PROTESTANTISME :
Le protestantisme, qui reçut un accueil favorable dans le sud de la France et particulièrement dans les Cévennes, ou il réussit à se maintenir malgré les terribles persécutions royales, a opéré une ouverture vers les femmes en revisitant le dogme et la liturgie catholique singulièrement sexiste, et se trouve à l'origine du féminisme.
CONCLUSION :
Le Sud, l'Occitanie, est une des rares régions de France et d'Europe qui a si souvent remis en question le statut archaïque et traditionnel des femmes et proposé d'autres schémas des rapports humains et amoureux basés sur l'égalité et le respect.
Toutes ces ouvertures ont pourtant fait l'objet de répressions, non parce qu'elles proposaient un changement du statut pour les femmes, mais parce cette ouverture, remettait en cause l'ordre social et présentait un danger pour les structures sociales conservatrices du Nord basées sur la suzeraineté, la vassalité, la soumission.
Encore une fois le sud était en avance, et il a eu tord, enfin, on lui a fait payer chèrement cette audace et cette différence...
09:20 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.04.2009
LA TENTATION SEPARATISTE
L'appartenance à un pays, à une nation est essentiellement l'adhésion à ses valeurs. Et non pas comme ont pu le considérer certains nationalistes transis, une filiation sanguine. Ce qui conduirait immanquablement à des dérives de la pire espèce.
Le Languedoc, qui a toujours été une terre de passage (Route du cuivre au néolithique, Chemin de Saint-Jacques au Moyen-âge), et d'accueil (ibères, ligures, romains, francs, wisigoths, sarrasins, espagnols...) est trop bien informé de la diversité ethnique de sa population pour céder à de telles dérives.
Certes, ici ou là, quelques occitanistes outranciers ont pu objecter à l'étranger (extra-national ou du nord de la France), qu'il n'était pas ici chez lui.
Certes quelques nouveaux arrivants sont-ils arrivés en conquérant (ou avec l'arrogance prêtée aux parisiens), et ont pu susciter l'ire de l'autochtone...
Mais l'occitane qui a ouvert sa porte et son coeur à l'hérésie cathare et au protestantisme (eux mêmes porteurs de tolérance et d'égalité) s'honore d'être une terre de culture, d'espérance, d'ouverture aux autres et aux idées nouvelles.
C'est ce qui fit sa force, sa richesse et son originalité, mais aussi son malheur, au cours de l'histoire, puisque cet esprit d'ouverture fut par le passé à l'origine de terribles répressions qui s'abattirent sur les populations du Languedoc, lors de la reprise en main de l'Occitanie par Simon de Montfort (Pour mémoire, le massacre de Béziers "Tuez-les tous Dieu reconnaitra les siens", les bûchers de Monségur et Minerve), et au XVIIe siècle, les persécutions royales contre les protestants (dragonnades, galères, déportations, prison, enlèvement d'enfants...)
Marcellin Albert, même si on lui prêta cette intention, se garda bien, de céder à la tentation séparatiste, tout juste se contenta-t-il d'évoquer le passé cathare et son traitement brutal par le nord, accusé d'oppresser le sud. D'ailleurs quoi qu'on en dise Marcellin était légaliste et fervent républicain, comme la plupart des gens du Midi qui contribuèrent activement à la vie politique de la Troisième République, le nombre des élus et responsables politiques de haut rang et de présidents issus du sud de la France, en témoigne.
Les intellectuels occitanistes des années soixante-dix n'eurent pas cette retenue, qui prêchèrent la révolte séparatiste... sans trop de succès.
19:26 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
LES BIDASSES
Après le révolte en juin 1907, du 17e RI à Béziers (beaucoup de soldats étaient fils de viticulteurs, mirent la crosse en l’air et prirent fait et cause pour les viticulteurs insurgés), le gouvernement prudent décida d’écarter les régiments locaux, (à cette époque, on faisait son service militaire dans sa région), et par la suite une reforme militaire procèda à la mixité dese régiments, avec une astuce qui consistait à envoyer les conscrits du sud dans le nord et les pistonnés du nord dans le sud...
Ainsi des générations de jeunes méridionaux sont allés passer, essentiellement depuis la fin de la guerre d’Algérie jusqu’à la suppression du service militaire en 1995, de frileuses classes dans les brumeuses contrées nordiques.
Beaucoup en ont gardé un souvenir amer,
Conséquence néfastes, ces pauvres bidasses sudistes devaient à chaque permission qui s’en trouvait d’autant raccourcie, effectuer un long voyage en train nord-sud, aller et retour, dans des wagons au confort et aux horaires aléatoires.
Ce qui priva les familles de la joie de voir leurs rejetons aussi souvent qu’elles l’auraient souhaité et aux pauvres soldats de se languir loin de leurs fiancée brune et méridionale…
Certains succombèrent aux charmes des belles nordistes, quelques uns y gagnèrent une épouse et firent souche dans le Nord ou l’Est, souvent à contrecœur ou avec des regrets que cachait leur accent fleurant bon les cigales et ne passant jamais inaperçu à la boulangerie du quartier.
Tous gardaient une nostalgie pour le pays ensoleillé de Pagnol et Mistral, blessure qui s’accentuait au fil des ans et des hivers rigoureux du Nord.
Conservant le secret espoir de retourner au pays, à l’heure de la retraite (voir la très belle chanson de Ferrat « La montagne »)
Espoir souvent contrariés par les études, le travail des enfants, la naissance des petits enfants et l’installation définitive avec pour seul espoir les vacances dans le sud.…
Voilà les petites souffrances de ces jeunes hommes éloignés de leur pays, leur soleil, leurs vignes et leurs familles, des millions de fois répétées et vécues comme autant d’humiliations, et de contraintes de l’armée, du pouvoir et du nord… qui dans leurs esprit ne faisaient qu’un.
Et le sud comme le berceau chéri dont on les avait arrachés…
La « quille » venue, "Ceux du Midi" (selon la très belle épitaphe de Ferroul à Narbonne) ne gardèrent du pays des brumes que les souvenirs de chambrés, les beuveries entre copains, les étranges comportements de ceux du nord, des blonds à petites moustaches, qui attaquaient au « Petit blanc » à six heures du matin, besogneux, méfiants et « taiseux » …
En tous cas jamais aussi drôles que ceux du Midi…
10:24 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2009
CENSURE...
A TOUT HASARD ET POUR REPONDRE A MME MARIE DU "MARIEWEBLOG" QUI A CENSURE MA REPONSE, JE PUBLIE HORS SUJET, MA DERNIERE NOTE CENSUREE SUR SON BLOG, CE QUI NE PRESENTE PAS UN GROS INTERET, JE L'AVOUE... MAIS LIBERTE D'EXPRESSION OBLIGE...
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"Certes Monsieur B. est un ami, certes j'utilise son ordi, (et ca ne regarde que lui et moi), certes je serais flatté d'avoir vendu autant de tableaux que lui... Malheureusement je ne suis pas lui, tout juste un de ses amis, ce qui me flatte...
Mais si ca vous arrange de le croire, ce n'est pas grave et je quitte de bon coeur votre blog que je croyais ouvert...
*Et quand bien même il aurait souffert, je vous laisse deviner l'auteur de cette citation " Parler avec qui n'a pas souffert est une perte de temps"..."
PS : C'est pas gentil de vous moquer du physique (j'espère que le vôtre est irréprochable) de M. de Rudder que je connais pas, mais qui écrit si bien...
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ET UN EXTRAIT DE M. DE RUDDER :http://orlandoderudder.canalblog.com/archives/2007/02/15/...
Marieweblog, bassesse!
Débat somptueux de niaiserie bas de plafond sur marieweblog! Café du commerce à la beauf, avec petite attaque d'un immigré, commentaire de cancrelats anémiques, le tout à peine coyable: on dirait un sketch de Coluche! Avec une morale du genre "les fonctionnaires, y'en a des biens, mais y'en a d'autres..." C'est absolument hilarant!
Ca s'appelle "une histoire de con", ce qui est juste t c'est un florilège de banalités: http://www.marieweblog.com/log/index.php?2007/02/12/643-une-histoire-de-con
LA hargne anti-autres est parfois gouleyante! MAis on peut fire un sketch amusant avec el messge et les commentaires, en dialogue! Nous somme dans le sous-nul, le moindre, le pouacre, le vil, l'esprit mufle et groin! C'est assez distrayant et c'est à contempler de haut avec le fin sourire hautain de celui qui ne se commet jamais aussi bas, accompagné du léger frémissement palpébral de l'esthète arrogant,parce que c'est ça qui les fout le plus en rogne: qu'on les toise en leur révélant leurs manques!
Ah là là, les fonctionnaires, tout de même! C'et bien comme les Arabes! ET comme les intellos!
Oui, mais les Arabes, les fonctonnaires,les intellos sont Arabes, fonctionnaires, intellos... tandis que tous ces gens à banalité satisfaites ne sont RIEN! Des clones à pensée confomiste, des miroirs d'ombres reflétées au déformant de l'idéologie pouacreuse du manque affectif (ça, ça se voit dans d'autres textes de ce blog! glaçant!), de la critique systématique, du racisme, de tous les ostracismes et du libéralisme...
Allez donc vus marrer sur MArieweblog! Stella Vidal n'est pas mal non plus: on a TOUT, tous les clichés, toutes les non-pensées,les "évidences,"les révoltes "viscérales", le racisme., le "bon sens"... TOUT!
Et la sublime platitude du post en question: "j'ai rencontré des fonctionnairs gentils et qui font leur boulot"!!!!!!!!!!!!!!!!
A afficher dans toutes les administrations! Marie web dans le bureaux a découvert
L'AVENTURE!
et la Révélation: y a des gens! Pas que des qu'ellle aime pas. Le réel, c'est pas comme elle croit!
Rigolade assurée!
Voilà la vraie mollesse: cele des coeur avachis!
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